Brassens chantait : « J’aime les pas-sûrs, les incertains, ceux qui tombent et mille fois luttent contre leur destin. » C’est resté.
## Le tri se fait sans qu’on s’en aperçoive
À 17 ans j’étais en échec scolaire. On ne m’avait autorisé à rien. Le système avait décidé pour moi que je serais quelque chose de petit — pas par méchanceté, par routine. C’est comme ça qu’il fonctionne, le tri se fait sans qu’on s’en aperçoive.
Un patron d’été m’a payé en guitare cette année-là. Il ne pouvait pas faire autrement. Je n’avais pas demandé ça, je voulais juste les pesetas pour acheter un casque audio. Il m’a tendu la guitare et a dit : tu apprendras.
## Trente ans plus tard
J’ai appris seul. Mal. Avec les doigts qui saignent et les accords qu’on tient mal. Pendant trente ans je l’ai gardée dans un coin sans en faire grand-chose. Et puis un jour la chanson est venue, à 49 ans, et tout ce que j’avais traîné a fini par compter.
Je continue d’écrire pour ces gens-là, parce que c’est mes gens.
Les pas-sûrs. Les gens qui ne savent pas s’ils ont le droit. Les gens qui se demandent encore si tout ça les concerne vraiment. C’est pour eux que j’écris. Parce que c’est ma tribu, et parce qu’on n’écrit que pour la sienne.
Auteur-compositeur-interprète, Stephan Paul se distingue par ses sonorités bluesy, folk / rock et ses paroles touchantes. Son premier EP "Dualités" et le single "Je ne suis qu'un homme" sont disponibles sur toutes les plateformes. Son prochain EP "Absinthe" sera disponible dès septembre.
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