Souvent, on l’effleure du bout des doigts. On le frôle. La plupart du temps il consiste à saisir ce que la vie donne — pas à courir après ce qu’elle ne donnera jamais.
## Quand on perd la course avant le départ
J’ai mis longtemps à comprendre ça. À 17 ans, l’école m’avait fait croire que le bonheur était un prix qu’on remettait à ceux qui avaient bien suivi. J’avais perdu la course avant même qu’elle commence — alors je m’étais mis à regarder les autres courir, et à raconter ce que je voyais.
C’est devenu une habitude. Une discipline. Quand on n’a pas de promesse à tenir, on apprend à habiter le présent. Pas par sagesse, par défaut. Et puis un jour on se rend compte que c’est peut-être la seule façon honnête de vivre.
Les portes qui se ferment, les relations qui s’enlisent, même les déceptions — ce sont des promesses d’un meilleur ailleurs.
## Refuser le bonheur d’ailleurs
Je crois qu’écrire des chansons sur les vies ordinaires, c’est ça : refuser l’idée que le bonheur soit toujours ailleurs. Les gens qui m’écrivent, ce ne sont pas des gens qui attendent quelque chose. Ce sont des gens qui ont déjà compris que ce qu’ils ont, c’est ce qu’ils auront.
C’est un lieu commun. Je le tiens pour vrai.
Auteur-compositeur-interprète, Stephan Paul se distingue par ses sonorités bluesy, folk / rock et ses paroles touchantes. Son premier EP "Dualités" et le single "Je ne suis qu'un homme" sont disponibles sur toutes les plateformes. Son prochain EP "Absinthe" sera disponible dès septembre.
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